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Processus d'évaluation

Reference Number
179
Date Submitted
2020-12-18 9:35:09 AM
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Voici mes commentaires pour donner suite à la publication du rapport provisoire et aux séances publiques des 2 et 3 décembre derniers de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada.

D’abord, l’exercice de se retrouver dans l’ensemble des rapports publiés (plus de 10000 pages) depuis 3 ans est un travail colossal. Puisque le diable se trouve dans les détails, il est pratiquement impossible, même pour un citoyen déterminé avec la meilleure volonté, de faire une analyse approfondie des impacts réels d’un tel projet pharaonique. De plus, il est question uniquement de la phase 1 qui représente seulement le tiers du projet global.

Malgré tout, voici mes constats :

Érosion des rives : Selon le cadre du suivi du Plan d’action Saint-Laurent, les reculs les plus importants se produisaient aux îles de Contrecoeur. Malgré cela, l’Agence n’a pas considéré les effets du projet sur l’érosion des rives et la principale mesure d’atténuation du promoteur est la mesure volontaire de réduction de la vitesse des navires dont la conformité est déjà à 98 %. Comment peut-on penser que 9 navires de plus par semaine (en phase 3, mise à part les remorqueurs) n’entraînera pas d’effets importants dans un secteur fragilisé. De plus, une étude de Transport Canada sur les effets potentiel du transport maritime sur l’environnement et les personnes qui l’entournent ne sera pas connue avant que l’honorable Jonathan Wilkinson rende sa décision concernant le projet.

 

Chevalier cuivré : Le projet devrait entraîner la perte de 24,6 à 51,5 hectares d’habitat du poisson pour l’ensemble des phases de développement. D’abord la loi sur les espèces en péril interdit une telle destruction et au mieux la compensation prévue par le promoteur n’offre aucune garantie selon les dires de Pêches et Océans Canada lors des séances d’information. De plus, la perte des herbiers en phase 3, soit 5,3 hectares est 6 fois plus élevée qu’en phase 1.

 

Milieux humides : Le projet amènera une perte de terres humides estimées à 65,4 hectares à terme, dans une région où une attention particulière doit être accordée aux milieux humides puisque la perte et la dégradation de ceux-ci a déjà atteint des proportions critiques (ECCC, cité par AEIC 2020, p.191). Pourtant, l’Agence juge tout de même que le projet « n’est pas susceptible d’entraîner d’effets cumulatifs négatifs importants sur les milieux humides ».

 

Contamination des sédiments : Selon une publication du Plan d’Action St-Laurent, l’état global de la qualité des sédiments est jugé mauvais dans le secteur de Contrecoeur. Les concentrations mesurées pour les principales substances liées à l’industrialisation demeurent élevées et au-dessus des critères de qualité. La réserve nationale de faune des îles de Contrecoeur est un territoire protégé qui abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, de reptiles et de mammifères. Toutefois, il est vulnérable à la contamination liée aux activités industrielles présente en rive de ce secteur. Comment peut-on améliorer la situation avec le dragage de 832000 m3 de sédiments (phase 1 seulement) ? Aucun suivi n’est proposé par l’AEIC et aucune méthode de dragage ne peut être imposé au promoteur.

 

De nombreux experts questionnés sur des aspects précis du projet ont donné leur aval au projet en contrepartie de mesures d’atténuations clés, qui deviendront des conditions potentielles advenant un avis favorable du Ministre de l’environnement et du changement climatique du Canada, l’honorable Jonathan Wilkinson. Cependant, je n’ai vu aucun avis d’expert en effets cumulatifs se prononcer sur l’ensemble du projet, ne serait-ce que pour la première phase !

La confiance, parfois aveugle du public, est directement lié aux nombreux experts consultés en « silos » ainsi qu’au bon déroulement du projet s’il respectait à la lettre les 135 mesures d’atténuations. Pourtant très peu de mesures concrètes concernant les multiples suivis nécessaires ont été élaborées jusqu’à maintenant, ainsi nous en sommes toujours qu’aux bonnes intentions déclarées par le promoteur. Pour faire les suivis adéquats, il m’apparaît qu’une armée de biologistes, de techniciens et autres spécialistes serait nécessaire. Cette nécessité entraînerait probablement des coûts exorbitants rendant le projet moins rentable. Dans ce sens, je crains que les suivis du promoteur soient malheureusement incomplets ou bâclés.

 

Au regard des réponses de l’agence au cours des séances publiques, la confiance du public est minée selon moi par le processus d’évaluation d’une seule phase et selon les lois en vigueur dans le passé, par exemple en 2012 pour un certain point. Finalement et malheureusement, je suis forcé de constater que tout le monde fait son travail et se justifie mais personne n’ose se prononcer et juger l’ensemble du projet dans son aboutissement final et selon les lois en vigueur en ce moment. Puisqu’il est impossible de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille, en le taillant en pièces, nous pourrons probablement y arriver s’est dit le promoteur soutenu par son valet.

Claude Dansereau

Citoyen de Contrecoeur

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Claude Dansereau
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